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Livre de souvenirs de famille : ce qu'on y met, comment le faire

Un livre de souvenirs de famille n'est pas seulement un album photo. Il rassemble ce qu'on choisit de raconter : voix, gestes, recettes, anecdotes.

Sur une table en bois, un grand album relié toile crème ouvert, photographies anciennes étalées autour, légendes manuscrites en cours d'écriture.

Vous avez peut-être chez vous une boîte. Ou un tiroir. À l’intérieur : des photos en vrac, une carte postale d’un grand-père, deux ou trois lettres manuscrites, un menu d’un mariage de 1968, une recette gribouillée sur un coin de papier. Tout ce que vous savez, c’est que vous y tenez. Mais vous ne savez pas trop quoi en faire.

Le livre de souvenirs de famille est précisément cet objet : ce qui rassemble, qui organise, qui donne forme à ce qui sans cela resterait dispersé. Cet article vous aide à choisir la forme qui convient à votre famille, et à commencer.

Un livre de souvenirs de famille, à quoi ça sert

Au premier regard, on pense « album photo ». C’est plus vaste que ça.

Un livre de souvenirs de famille tient ensemble trois choses :

  1. Des images : photos, dessins d’enfants, faire-part, cartes postales.
  2. Des récits : anecdotes, lettres, témoignages oraux retranscrits, légendes des photos.
  3. Des traces : recettes, chansons, listes (de prénoms, de lieux, d’amis), cartes des maisons habitées.

Sans ce cadre, chaque élément reste seul. Une photo sans légende, c’est un visage que vous êtes seul à savoir nommer. Une recette sans nom, c’est un plat dont on ne sait plus d’où il vient. Le livre, c’est le fil qui relie.

Plusieurs formes possibles

Il n’existe pas un livre de souvenirs idéal. Il y en a plusieurs, et chaque famille peut choisir le sien.

L’album commenté. Un grand album photo, mais avec, en face de chaque image, un texte court : qui est sur la photo, où, quand, ce qu’il faisait dans la vie, ce qu’il vous a transmis. Le travail consiste autant à écrire qu’à coller.

Le recueil de récits. Plus proche d’un livre que d’un album. On choisit dix ou vingt épisodes de la vie familiale (la rencontre des grands-parents, l’arrivée en France, la maison du Sud, l’hiver 54), et on les raconte sur deux ou trois pages chacun. Les photos viennent en illustration.

Le carnet de questions. On compose une liste de questions (quel est votre premier souvenir ? que faisaient vos grands-parents ? quel plat vous rappelle l’enfance ?) et chaque membre de la famille y répond de son côté. À la fin, on rassemble.

L’objet numérique. Un fichier ou un service comme Carnely permet d’inclure ce qu’aucun livre papier n’accueille : la voix de quelqu’un qui chante, une vidéo de cinq secondes, une recette racontée. Le principe reste celui du papier : peu d’images, bien choisies, et un récit. Beaucoup de familles combinent : le numérique pour collecter, le papier pour ce qu’on imprime ensuite.

Comment commencer

L’erreur la plus commune est de vouloir tout faire d’un coup. C’est ce qui transforme un beau projet en chantier abandonné dans un carton.

Étape 1, délimiter. Choisissez une branche, une génération, ou un thème. Le livre des grands-parents maternels. La maison de famille en Bretagne. Les recettes de Mamie. Plus le périmètre est étroit, plus le projet a de chances d’aboutir.

Étape 2, rassembler ce qui existe. Avant d’écrire quoi que ce soit, sortez la boîte. Étalez sur une table. Triez par thème, par année, par personne. Vous verrez apparaître ce qui manque.

Étape 3, recueillir ce qu’il manque. Une après-midi avec votre mère. Un appel téléphonique enregistré avec votre oncle. Un dimanche à demander à votre père de raconter. C’est cette étape qui prend du temps, et qui en vaut la peine.

Étape 4, mettre en forme. Maintenant seulement vous décidez du format. Album, recueil, carnet, fichier. Choisissez ce qui correspond à ce que vous avez recueilli, pas l’inverse.

Le numérique et le papier

Beaucoup pensent qu’il faut choisir. C’est rarement nécessaire.

Le numérique est imbattable pour collecter. On enregistre une voix, on scanne une photo, on tape un récit le soir, on fait lire un cousin lointain. Tout reste accessible et modifiable.

Le papier est imbattable pour offrir. Un livre relié posé sur la cheminée, c’est un objet qu’on prend, qu’on feuillette, qu’on offre. Il survit aux changements de format de fichier, aux services qui ferment, aux téléphones perdus.

La meilleure pratique consiste souvent à utiliser un service numérique pour rassembler dans la durée (recettes, photos, voix, lettres), puis à imprimer une version reliée pour l’offrir, à un anniversaire rond ou à un Noël qui a du sens.

Pour soi, pour ses proches

Une question revient souvent : est-ce que je fais ce livre pour moi ou pour les autres ?

Les deux, et c’est ce qui le rend juste.

Pour vous : parce que rassembler ces fragments, c’est faire le tri dans une vie de famille, mettre des mots sur ce qu’on n’avait pas formulé, redécouvrir des visages oubliés.

Pour ceux qui vous lisent : parce que ces pages leur ouvrent, dès aujourd’hui, une époque, des voix, des manières de cuisiner, des façons d’aimer qu’ils n’auraient pas connues autrement. C’est un objet qu’on fait de son vivant, et qu’on offre.

Une question pour démarrer

Si vous hésitez à commencer, prenez un quart d’heure ce soir, et répondez par écrit à une seule question :

Quelle est la photo de famille à laquelle je tiens le plus, et que sais-je vraiment de ce qu’elle représente ?

La réponse vous donnera, presque toujours, le premier chapitre.

Aller plus loin

Pour aider vos proches à commencer à raconter, vous pouvez vous appuyer sur des questions à poser à ses parents. Et si vous cherchez plus généralement un cadeau qui s’inscrit dans la même intention, cet article propose plusieurs pistes.