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Questions à poser à ses parents : ce qui change tout

Les bonnes questions à poser à ses parents ne sont pas celles qu'on imagine. Voici comment ouvrir la conversation, et trente pistes par grands thèmes.

Sur une table de cuisine en bois, deux tasses de thé entamées, un carnet ouvert avec quelques questions manuscrites, conversation suspendue dans la lumière chaude de fin d'après-midi.

Vous y avez peut-être déjà pensé. Comment vos parents se sont rencontrés, ce que leur métier leur a appris, à quoi ressemblaient leurs vingt ans : vous ne connaissez qu’une partie de l’histoire, et elle vous intéresse. Pourtant la conversation ne s’ouvre pas toute seule. Parce qu’on ne sait pas comment commencer, parce qu’on a peur d’être maladroit, parce qu’on remet à plus tard.

Cet article rassemble des questions à poser à ses parents, par grands thèmes, et donne quelques repères pour que la conversation se passe bien.

Pourquoi poser des questions

Les parents ne se racontent pas spontanément à leurs enfants adultes. Ils l’ont fait quand ceux-ci étaient petits : les déménagements, les débuts, les histoires d’avant vous. Puis quelque chose se referme : ils ne veulent pas peser, pas encombrer, pas avoir l’air de radoter. Ils attendent qu’on leur demande.

Poser des questions, c’est leur donner l’autorisation. C’est leur dire : « ce que vous avez vécu m’intéresse, racontez-le-moi. » Beaucoup se laissent faire avec un soulagement visible.

C’est aussi une conversation qui vous change, vous. On croit connaître ses parents ; on connaît surtout leur rôle. Derrière, il y a une personne qui a eu vingt ans, qui a hésité, choisi, recommencé. La rencontrer change la relation dès la conversation suivante.

Et si vous notez les meilleures réponses, elles ne restent pas entre vous deux : vos frères et sœurs, vos cousins peuvent les lire dès aujourd’hui.

Avant de commencer : trois repères

Une question à la fois. Ne tendez pas une liste. Glissez une question dans la conversation, écoutez la réponse jusqu’au bout, laissez venir ce qui doit venir. Si dix minutes plus tard l’envie y est, posez-en une deuxième.

Pas de mise en scène. Pas de caméra installée, pas d’allure d’interview. Plus le cadre est familier (la cuisine, le salon, la voiture), plus la parole circule.

Le silence n’est pas un problème. Si la personne se tait, ne meublez pas. Le silence laisse remonter ce qui se cherche. Beaucoup de souvenirs précieux sortent dans la deuxième minute après une question, pas dans la première.

Trente questions à poser à ses parents, par grands thèmes

L’enfance et les origines

  1. Jusqu’où votre mémoire remonte-t-elle ?
  2. Comment était la maison de votre enfance ? Une pièce que vous revoyez tout de suite ?
  3. Qui faisait quoi dans la maison ? Qui cuisinait, qui réparait, qui décidait ?
  4. Quel adulte de votre enfance vous a marqué le plus, et pourquoi ?
  5. Quel jeu, quel objet, quel bruit vous ramène à cinq ans ?

Les parents et grands-parents

  1. Qu’est-ce que vos parents vous ont transmis sans le formuler ?
  2. Y a-t-il quelque chose que vous regrettez de ne pas leur avoir demandé ?
  3. Comment vos grands-parents se sont-ils rencontrés ? Le savez-vous ?
  4. Quel trait de votre mère, de votre père, retrouvez-vous en vous aujourd’hui ?
  5. Quelle dispute familiale a laissé une trace longtemps ?

L’amour et la famille

  1. Comment avez-vous rencontré la personne avec qui vous avez fait votre vie ?
  2. Quel premier signe vous a fait penser que c’était elle, ou lui ?
  3. Quelle décision prise ensemble a été la plus importante ?
  4. Quand nous étions petits, qu’est-ce qui vous a surpris dans le métier de parent ?
  5. Y a-t-il quelque chose que vous avez compris seulement en devenant grand-parent ?

Le travail et les vocations

  1. Comment avez-vous choisi votre métier ? Aviez-vous un autre rêve avant ?
  2. Quel est l’épisode dont vous êtes le plus fier dans votre vie professionnelle ?
  3. Quelle erreur avez-vous mis le plus de temps à digérer ?
  4. Y a-t-il un savoir-faire que vous avez appris et que personne d’autre ne saura plus faire ?
  5. Si vous deviez transmettre une seule chose à un jeune qui débute, ce serait quoi ?

Les lieux et les voyages

  1. Quel est le lieu auquel vous tenez le plus, et pourquoi ?
  2. Y a-t-il une maison que vous avez quittée et qui vous manque encore ?
  3. Quel voyage vous a vraiment changé ?
  4. Quelle ville aimeriez-vous revoir une fois encore ?

Les valeurs et les vœux

  1. Quelle conviction avez-vous tenue toute votre vie ?
  2. De quoi êtes-vous le plus fier, en regardant en arrière ?
  3. Y a-t-il quelque chose que vous avez longtemps cru, et que vous ne croyez plus ?
  4. Qu’est-ce qui compte vraiment, pour vous, aujourd’hui ?
  5. Qu’aimeriez-vous que vos petits-enfants gardent de vous ?
  6. S’il y avait une seule phrase à faire passer à ceux qui vous entourent aujourd’hui, ce serait laquelle ?

Comment recueillir les réponses

Trois manières fonctionnent, selon votre famille.

À l’oral, enregistré. Demandez la permission, posez le téléphone à plat sur la table, oubliez-le. Vous transcrirez plus tard si vous le souhaitez. Beaucoup de gens trouvent l’enregistrement plus facile que l’écrit, parce que la voix porte des choses que le texte aplatit (les rires, les hésitations, les mots qu’on cherche).

À l’oral, noté après coup. Si l’enregistrement gêne, prenez deux ou trois notes pendant la conversation, et écrivez le soir même ce dont vous vous souvenez. Vous perdrez en exactitude, vous gagnerez en vivacité.

Par écrit, à distance. Pour certains parents, l’écrit fonctionne mieux que la parole. Vous pouvez leur envoyer une question par semaine, par message ou par lettre. Un carnet comme Carnely permet de poser ce cadre sans matériel particulier.

Quand les questions deviennent un livre

Au bout de quelques mois, parfois moins, vous vous retrouverez avec un ensemble de réponses. Faites-en quelque chose. Tout n’a pas besoin d’être gardé : choisissez les réponses qui vous ont marqué, celles qui racontent vraiment la personne. Un fichier partagé entre frères et sœurs. Un livre imprimé qu’on offre pour un anniversaire qui compte. Quelques pages dans votre carnet, confiées à votre cercle.

Une mise en forme, même modeste, change la nature de l’objet : il se lit, il s’ouvre ensemble, il circule dans la famille dès maintenant.

Une question à se poser, à soi

Avant de commencer à interroger vos parents, posez-vous : qu’est-ce que je voudrais leur demander, et qu’est-ce que je n’ose pas ?

La question que vous n’osez pas est souvent celle qui changera le plus la conversation, le jour où vous la poserez.

Aller plus loin

Si vos parents préfèrent écrire eux-mêmes, voici par où commencer pour écrire son histoire. Et si la conversation s’oriente vers la cuisine, comme c’est souvent le cas, voici comment garder les recettes de famille.

Questions fréquentes

Les meilleures conversations surgissent souvent en marge : pendant la cuisine, en voiture, en marchant. Évitez la mise en scène solennelle et l'annonce officielle, qui crispent presque toujours. Posez une question, écoutez, laissez venir le reste.
Demandez la permission d'enregistrer en audio si vous y tenez ; la plupart des parents acceptent quand on leur explique que c'est pour ne pas oublier. Sinon, prenez quelques notes après coup, le soir même. La précision compte moins que la fidélité au ton.
Respectez le silence. Certains sujets ne s'ouvrent pas, ou pas tout de suite. Une autre porte fonctionnera peut-être mieux : une photo qu'on regarde ensemble, une recette qu'on cuisine, un trajet qu'on refait. Les souvenirs sortent souvent par d'autres chemins que les questions directes.